D’autres Sanctions Vont Tomber: Interview du Secrétaire d’Etat Adjoint, Nagy Tibor, le Monsieur Afrique du Département d’Etat des Etats-Unis

Assistant Secretary Nagy

L’invité de France 24 est un diplomate de carrière qui a été rappelé pour diriger le Bureau des affaires africaines du département d'État américain pour l'administration Trump. Le secrétaire d'État adjoint américain, Tibor Nagy, est à Paris avant une tournée de deux semaines dans les pays d'Afrique centrale. Il a parlé à François Picard de FRANCE 24 sur les manifestations au Soudan et en Algérie; les récentes élections en RD Congo; et la situation au Cameroun.

L’Interview a révélé que depuis que Nagy Tibor été nommé en 2018 que l'Afrique a connu bien de changement, notamment le Zimbabwe et l’Angola et maintenant les manifestations en Algérie et au Soudan.

Le Monsieur Afrique du département d’Etat, estime que le gouvernement de Bashir fait face à «  la plus grande menace existentielle qu’il ait probablement subie depuis son arrivée au pouvoir ».

Ces manifestations ont commencé par des manifestations économiques qui ont rapidement évolué pour devenir une manifestation politique. D’après le Secrétaire d’Etat, « les gens dans la rue le font assez raisonnablement, ne montrant pas beaucoup de violence ». Mais, malheureusement, «  la réponse du régime a été excessivement violente  … leur objectif principal est de faire en sorte que Omar Bachir parte ».

Le Secrétaire d’Etat a dit que le président « Omar Bachir est là depuis 1989. Il est toujours l'homme à la tête du Soudan; il appartient aux Soudanais de décider ». Le point de vue américain est que la Constitution doit être laissée au peuple soudanais [inchangé], comme il est stipulé. Omar Bachir ne peut plus se représenter à la présidence pour les  élections qui auront lieu en 2020.

Le drame est que « nous avons une situation en Afrique, en particulier où la population moyenne est probablement quatre fois ou trois fois plus jeune que certains des dirigeants et où il existe un décalage entre les anciens dirigeants, dont certains sont arrivés au pouvoir après la lutte de libération et les populations jeunes qui veulent exactement les mêmes choses de la vie que les jeunes du monde entier veulent, [qu’ils connaissent] grâce à la communication internationale par Internet et elles vont être frustrées si elles ne l'obtiennent pas ».

A titre de rappel, John Bolton, le conseiller national pour la sécurité, avait prononcé en décembre dernier un discours décrivant la politique de l'administration Trump en Afrique. Le discours était lourd sur les mots « Chine » et  « Russie », mais ne semblait pas offrir grand-chose.

« Certains objectifs sont très ciblés » a dit le Secrétaire d’Etat. « accroître le commerce et les investissements avec l'Afrique, en partenariat avec l'Afrique, pour lutter contre les menaces émanant du terrorisme ou des pandémies, en utilisant le meilleur des fonds des contribuables américains pour aider les régimes et les pays qui sont prêts à collaborer avec nous pour faire avancer leur propre causes » a-t-il ajouté.

Pour le Secrétaire d’Etat,  « cela répond aux besoins de l'Afrique pour le siècle en cours, avec ses plusieurs millions de jeunes gens …ce n’est pas ce que fait la Chine, car elle n’accorde pas beaucoup d’importance à la bonne gouvernance, à la démocratie, aux droits de l’homme, mais aussi aux résultats ».

D’après le secrétaire d’Etat, les pays africains « sont souverains et peuvent signer les accords qu’ils souhaitent signer, mais qu’au bout du compte, ils doivent réfléchir sur le montant de millions ou de milliards de dollars allouer à la construction de tel pont ou de tel aéroport. Vont-ils devoir à la Chine et comment vont-ils payer tout cela, combien de technologie est transférée, combien de nos jeunes sont embauchés en tant que travailleurs ».

Pour la RD Congo et il y a eu un changement de sorte car Joseph Kabila était incapable de se représenter  quoique ses lieutenants contrôlent encore l'Assemblée nationale, le Sénat et l’armée.

Pour le Secrétaire Nagy, c’est le premier transfert électoral démocratique du pouvoir dans un pays d'Afrique centrale, même si Félix Tshisekedi, conserve les vestiges de l'ancien régime qui l'entoure encore. Pour les américains, le parti de Kabila à l'Assemblée nationale est une coalition et comme tout le monde le sait lorsqu'il y a transfert de pouvoir, tous les types de dynamiques politiques commencent à se produire à l'arrière-plan. « Il y a de très importantes personnalités politiques du Congo qui étaient hors du pays qui reviendront et qui vont entrer dans ce mélange démocratique et électoral et le faire avancer ».

Si vous vous en souvenez en Angola, il y a eu un transfert de pouvoir et tout le monde a dit que le président Lorenzo serait toujours sous control de l'ancien président et regardez combien de changements incroyables se sont produit au fil du temps.

« Je dirais donc [pour la RD Congo], donnons à cela une chance, regardons dans un an et demi et voyons ce qui va se passer d'ici là », a dit le secrétaire d’Etat.

A la question du journaliste de France 24 qui a dit que « l'élection était un simulacre, le type qui a gagné n'a pas n'a pas été celui qui est sorti des urnes et pourtant l’Amérique apporte un soutien enthousiastique au nouveau président ?»

Il a répondu que « nous ne disons pas que les élections étaient un simulacre par ce que des millions de Congolais ont voté de bonne foi. Pour les candidats qui se présentent à l'arrière-plan à cause de la commission électorale, ce n’était pas leur faute parce qu'ils battaient campagne de bonne foi. Nous avions toujours dit que les personnes qui s'immiscent dans le processus démocratique ou si elles soutenaient la violence ou la corruption, nous allions les sanctionner ».

Pour le sécretaire d'Etat Nagy Tibor, il s’agit là d’une politique à deux volets, d’une part, ils vont travailler avec le président tshisekedi et, d’autre part, il y a un prix à payer à ceux qui voudront entraver le processus démocratique.

Concernant les sanctions, il a ajouté que « ce que nous avons défini tout au long de nos déclarations, qu’il s’agissait de la première série de sanctions…il y en a d’autres qui seront prochainement annoncées ».

A la question du journaliste de France 24 si les sanctions allaient cibler autour de Joseph Kabila. Il a répondu « non comment », traduction « Sans commentaire ».

 

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