Flash, Flash — Deuxième Partie : Derrière 300 vaches volées, les trois affreux Belges de Kabila

Marc Piedboeuf,  Alain Wan, Joseph Kabila

Deux autres belges bien connus sont également parties prenantes à la gestion des fermes et des investissements de Joseph Kabila au Kongo Central. Il s’agit de Marc Piedboeuf et de Alain Wan.

Les deux compères s’occupent aussi d’autres affaires de l’ancien président en empochant au passage de plantureuses commissions. Récemment, le grand hebdomadaire Jeune Afrique a identifié la présence des deux compères à travers les chèques d’une valeur de près de 1,8 million USD qu’ils avaient tirés le 25 mai 2016 sur les 5,8 millions de USD payés rubis sur ongle dans une procédure mafieuse dans laquelle étaient impliquées la famille Kabila et la Banque Centrale du Congo.

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Le premier, Marc Piedboeuf avait encaissé 640.000 USD au titre de gérant de la Ferme Espoir, propriété de Kabila située près de Lubumbashi. Le second, André Wan, alias André Grégory, qui est le fils de Alain Wan, l’associé de Piedboeuf dans Afritec, avait quant à lui encaissé 1,1 million USD.

Face à ce scandale, le fils Wan tentait maladroitement de jeter de la poudre aux yeux des journalistes en vendant aux journalistes la thèse peu convaincante que son père avait rompu les liens avec son faux jumeau Piedboeuf. Ce qui est bien entendu tout à fait faux, puisque les deux belges sont toujours les meilleurs amis du monde !

L’histoire de ces faux jumeaux vaut le détour. Marc Piedboeuf est le fils de Jean Marie Piedboeuf, un ancien de la coopération technique Belge reconverti en médiocre homme d’affaires, gérant l’hôtel Invest à la Voix du Zaire. Le père de Alain Wan est, quant à lui, embauché comme ouvrier par la Sucrière de Kwilu Ngongo. La maman d’Alain Wan, Maman Mambimbi, est une simple femme de ménage qui preste au service des patrons de la Sucrière. Elle ne sait ni lire ni écrire et parle à peine quelques mots français.

Abandonné pendant de longues années par son père qui ne le reconnaîtra que très tardivement, Alain Wan voue un culte à sa mère. L’homme d’affaires fera de Maman Mambimbi un pion majeur dans ses affaires en lui octroyant un siège d’administrateur dans ses sociétés et allant jusqu’à lui inventer une fortune imaginaire cachée en Belgique pour justifier sa fortune acquise dans les magouilles congolaises.

Au sein de la communauté des expatriés de Belgique qui vivent au Congo, les deux pères de famille font partie de ce qu’on appelle la bande des Liégeois. La solidarité des Liégeois du Congo est une réalité qui explique l’amitié qu’entretient leur progéniture. Marc et Alain étudient ensemble à l’école belge. Le premier termine sa scolarité, le second peine à la tâche. Leur longue amitié commence. Elle résistera au temps.

La rencontre entre Kabila et Piedboeuf tient du rocambolesque.

En 1997, à l’entrée de l’AFDL dans la capitale congolaise, Joseph Kabila, prend ses quartiers à l’hôtel Invest dont la gestion est assurée par Jean Marie Piedboeuf. Prenant sa bière dans le jardin, le jeune officier demande à son aide de camp une estimation de prix en vue de l’achat de 4 pneus neufs pour son véhicule. Son garde du corps lui dit qu’il devra décaisser 2.000 dollars pour les 4 pneus. Saisissant au bond la conversation, Marc Piedboeuf propose à Joseph Kabila de lui acheter les pneus en Belgique au prix de 100 euros/pièce. Joseph Kabila n’en revient pas. De cette conversation naît une confiance qui va se renforcer au fil du temps.

Une deuxième bonne affaire de moteur hors bord Mercury confirme à Kabila le sérieux de l’homme d’affaires belge. Plus de 20 ans après, Marc Piedboeuf est le prêtenom de Kabila dans la ferme ESPOIR ainsi qu’au sein de la société EGAL spécialisée dans l’importation de vivres frais, où il siège aux côtés d’Albert Yuma ainsi que dans plusieurs affaires au Kongo Central. Introverti et sans charisme, Marc Piedboeuf va trouver son complément dans son faux jumeau Alain Wan qui est volubile, roublard et sans morale.

Autant le jeune Alain Wan éprouve des difficultés à progresser dans sa scolarité, autant il se révèle être un jeune homme débrouillard, imaginatif et plein de ressources. Il a le talent d’anticiper les problèmes et de trouver rapidement des solutions. Il s’invente des compétences et des diplômes en génie civile afin de monter une boîte de construction.

Son argent, il le gagne également dans la fourniture de matériel en Angola où les chantiers battent leur plein. Il y livre de la caillasse des carrières du Bas Congo. Il commence à gagner des marchés publics au Congo. La fortune aidant, pour expliquer sa richesse, Alain Wan invente et met en place tout un mécanisme de blanchiment d’argent reposant sur un supposé héritage de sa mère et de son père. La femme de ménage et l’ouvrier auraient caché des millions dans leur bas de laine à Liège.

Complexé par des études arrêtées trop tôt, Alain Wan se fait passer pour un ingénieur alors qu’il n’a aucun diplôme en poche. Loin d’être un incompétent, il gagne de nombreux marchés et se fait identifié par Joseph Kabila.

Alain Wan est le prête-nom de tout ce qui est dans l’ex-Bas Congo pour JK et sa famille. Il est également le prête-nom  du Raïsi dans une société basée Hong Kong. Afritec, sa société de construction, obtient des marchés au rythme de l’évolution du programme des 5 chantiers de l’ancien président. Alain Wan devient un homme riche et courtisé par les politiques. Afin de protéger ses intérêts, Alain Wan recourt aux services d’un communicateur français dont une des missions consiste à enlever des ré- seaux tous les commentaires négatifs et les articles dans lesquels il est impliqué.

La ferme de Mateba où les 300 bêtes ont été volées est au nom de Marc Piedboeuf. Actifs à Boma, les deux Belges ont acheté énormément de terrains. Ils ont procédé à l’acquisition d’un ancien navire de l’armée sud africaine reconverti en bateau de plaisance qui mouille en rade de Cape Town. Ils ont engouffré 25 millions d’euros pour rénover ce navire.

Le Yacht de luxe de Joseph Kabila

Dans les 72 mètres du yacht, se trouvent des salles de gym et un jacuzzi, des finitions en bois précieux, un sauna ou même un héliport. Pour 275 000 euros la semaine, les dix-neuf membres du personnel de bord prennent soin de douze passagers pour croiser dans les eaux chaudes de l’océan Indien, au large de Cannes – où le yacht a été aperçu en janvier 2016 – ou partir en exploration en Antarctique, destination préférée de son capitaine.

C’est loin d’être un hasard si le fils Wan dit avoir rédigé un diplôme d’ingénieur naval...

La roue tourne pour Kabila

Ainsi donc, la roue tourne pour l’ancien tout puissant maître du Congo qui voit aujourd’hui son patrimoine être pillé par ceux-là qui devaient en assurer la protection. En réalité, les Congolais qui achètent le bétail volé d’un voleur ne font que récupérer leurs biens puisque la viande produite par leur ancien président qui se retrouve dans les boucheries et les étals n’est frappée d’aucune taxe ni d’aucune TVA.

Au Kongo Central, au Katanga, à l’Est du Congo — notamment la ferme de Ngezayo à Beni — et à travers le pays, ils sont nombreux ceux qui mangent avec appétit la viande de Kabila. Tous les Congolais se sont rendus compte que l’insolente fortune de Kabila dont Jeune Afrique a récemment fait l’étalage en montrant des images sa ferme de Kingakati ainsi que les dizaines de fermes réparties à travers toutes les provinces du pays ne pouvaient avoir été acquises avec le seul salaire de l’ancien Chef de l’Etat.

Le Président Tshisekedi qui vient de se targuer de vouloir lutter contre la corruption est invité à diligenter un audit sur les sociétés de ces mercenaires et à mettre en branle tous les instruments pour récupérer l’argent volé au peuple congolais. On apprend que Lucha et Filimbi et toutes les ONG qui luttent contre la corruption vont incessamment organiser une marche dans toutes les provinces pour récupérer les biens du peuple congolais.

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