Huit Mois Après les Elections, la RDC Attend un Gouvernement et Non la Fin de l’Instabilité — Interview de Bernard Kabeya, RT France (transcrit)

Bernard Kabeya, ancien representant de l'UDPS en France

JOURNALISTE : Bernard Kabeya, opposant et ancien représentant de l’UDPS en France, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social. Bonjour !

BERNARD KABEYA : bonjour.

JOURNALISTE : Merci d’avoir accepté notre invitation. Alors, expliquez-nous comment est ce que la République démocratique du Congo est parvenue à rester plus de sept mois sans gouvernement. Est-ce que c’est courant comme situation en RDC ?

BERNARD KABEYA : Merci beaucoup de votre question et surtout de l’invitation sur votre plateau. Je pense que si nous regardons très bien les conditions dans lesquelles les élections se sont déroulées, cela illustre, bien entendu, la difficulté qui a aujourd’hui à former un gouvernement. Donc j’entends bien donc monsieur Félix Tshilombo Tshisekedi. Donc cette difficulté est du tout simplement à ce qui s’est passé le 30 décembre 2018. C’est qui a fait que…

JOURNALISTE : Rappelez-nous.

BERNARD KABEYA : justement, le gagnant des élections n’étant pas monsieur Tshisekedi comme nous le savons tous et la communauté internationale [en] est au courant, donc on se retrouve dans une situation inédite, à savoir que le vrai gagnant des élections qui était monsieur martin Fayulu Madidi va se retrouver dans l’opposition entre guillemets.

JOURNALISTE : Vous dites qu’il y a eu fraude.

BERNARD KABEYA : exactement ! Je parle bien des fraudes qui ont eu ; qui a fait que monsieur Tshisekedi Félix se retrouve aujourd’hui à la tête de la nation. Donc quand vous n’avez pas gagné les élections vous ne pouvez pas prétendre et encore moins être en position de force pour pouvoir imposer quoi que ce soit. Donc ce qui est tout simplement juste une logique de ce que nous vivons aujourd’hui. C’est à dire huit mois sans gouvernement.

JOURNALISTE : un accord a été conclu entre le parti de l’actuel président et celui du président du précédent en quoi va consister cet accord et comment va se faire la répartition des postes ministériels.

BERNARD KABEYA : mais c’est là où il y a toute la difficulté. Vous venez de dire qu’il y a un accord qui a été signé. Un accord entre celui qui est sorti, l’ancien président qui est monsieur Kabila et celui qui a été choisi justement par l’ancien président sortant et en lui montrant bien entendu qu’il n’avait pas été victorieux aux élections qui sont déroulées et donc vous comprenez très bien que quand vous n’avez pas gagné que vous n’êtes pas en position de force on vous impose tout ce qui il y a. donc en ce qui concerne les accords je ne saurais pas m’étaler là-dedans puisque je ne suis pas dans l’enceinte de ce qui s’est passé. Mais on peut déjà en déduire que ce sont les accords justement qui ne font pas dans le sens d’aider notre peuple a retrouvé cette liberté comme nous l’entendons.

JOURNALISTE : des observateurs évoquent une trahison pour les populations congolaises. Vous êtes de leur avis ?

BERNARD KABEYA : tout à fait ! si nous rentrons un tout petit peu en arrière avant les élections de 2018 au mois de décembre, Félix Tshisekedi ainsi que les autres leaders, donc des partis politiques se sont retrouvés à Genève. Mais bien avant cela au mois de décembre, pardon au mois de septembre à Kinshasa, il y a eu un grand meeting qui a été fait par tous les présidents de ces partis, y compris lui-même, monsieur chez Félix Tshisekedi, où il a été question de désigner un seul candidat pour représenter l’opposition et où monsieur Tshisekedi lui-même, donc Félix j’entends, a dit ses propres de sa propre bouche que nous n’allons pas vous trahir. Ils se retrouvent que Genève avait décidé autrement. Monsieur martin fayulu fut choisi comme étant candidat et donc puisque nous parlons de trahison, la trahison venait de naître de la part de monsieur Tshisekedi ainsi que de Kamerhe qui s’étaient écarté de cette coalition.

JOURNALISTE : alors le gouvernement devrait officiellement être annoncés le 12 août vous pensez qu’une sortie de crise est proche.

BERNARD KABEYA : je ne parle pas de sortie de crise. C’est la crise entre les deux personnes qui se sont liguées contre notre peuple, contre la volonté de notre peuple. Donc ils vont se mettre ensemble pour que les 12 août prochain puisse tout ça va mettre fin à cette instabilité politique ça ne va pas mettre fin à l’instabilité politique. L’instabilité politique, madame, dure dans notre pays depuis 1960. C’est justement le fait qu’on refuse de reconnaître justement la volonté du peuple qui est manifestée à travers les urnes depuis 1960 et cette instabilité continue. Donc ce que vous c’est qui va être présentée les 12 ne sera pas la stabilité, mais justement la continuité d’instabilité, parce qu’ils ont rejeté, refusé de reconnaître la volonté du peuple.

JOURNALISTE : justement et puis ça sera le mot de la fin. On s’attend à une rentrée politique sociale et étendue puisque l’exécutif a promis et des mesures. Beaucoup estiment qu’elles ne vont pas pouvoir être appliquées à cause de leur coût excessif. Vous pensez qu’on peut à nouveau basculer vers une nouvelle instabilité politique ?

BERNARD KABEYA : mais nous y sont déjà dans cette instabilité [politique]

JOURNALISTE : donc vous n’avez pas… vous n’êtes pas optimiste ? Vous pensez qu’elle va perdurer. Quoi qu’il arrive, malgré la présence d’un nouveau gouvernement, malgré la présence d’un président élu.

BERNARD KABEYA : c’est ne pas une question de…

JOURNALISTE : même si vous vous dénoncez son élection ?

BERNARD KABEYA : ce n’est pas une question d’être optimiste ou pas. C’est une question des voir, est-ce que les règles ont été respectées ? La constitution a-t-elle été respectée ? Non pas du tout ! Donc c’est qui va sortir ne sera pas la stabilité, bien entendu, sans pour autant m’étendre, il suffit tout simplement de tendre l’oreille pour savoir déjà ce qui se passe au niveau de la présidence de la république : les détournements, la corruption donc je ne pense pas qu’il y aura la stabilité.

JOUNALISTE : Bernard Kabeya, merci d’avoir répondu à nos questions. Je rappelle que vous êtes opposant et ancien représentant de l’UDPS en France, l’union pour la démocratie et le progrès social. Merci beaucoup.

BERNARD KABEYA : merci madame

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