Kabila le Fils, le Père et maintenant le "saint" Esprit

Felix TSHISEKEDI, JOSEPH KABILA

Nous étions les premiers à montrer les failles et exposer la fraude électorale devant le peuple Congolais et la communauté internationale sur la coprésidence entre le maître Joseph Kabila et sa marionnette Felix Tshisekedi.

Comme le prouve l’article de notre confrère Charles Onyango-Obbo plus bas, le monde entier est au courant de ce que nous clamions haut et fort quelque minutes après la nomination de Felix Tshisekedi a la présidence.

Comment se sent-il dans la peau d’une marionnette ? Comment se sent-il quand Joseph Kabila tire les ficelles pour sauter et se plier ? Comment se sent-il dans la peau d’un traitre national ? N’est-ce pas qu’il a lié alliance avec un imposteur rwandais, par surcroit, le même dont le papa demandait qu’on le lui amène ligoté ? A-t-il même 1 % du courage politique et nationalisme de son feu papa ?

EN RÉSUMÉ

Après la chute de Kabila le Père, Joseph Kabila le Fils a pris le relais. Pas pris trop au sérieux lors de son accession au pouvoir, Kabila Junior s'est avéré être un bon joueur politique.

Le grand drame politique de Kabila en République démocratique du Congo vient de prendre une nouvelle tournure, comme les chevaliers de la plume aiment le dire.

Rappelez-vous que tout a commencé en mai 1997 lorsque, monté sur le dos de l'armée rwandaise, Laurent Kabila est arrivé au pouvoir, renversant le dictateur de longue date, Mobutu Sese Seko. Kabila s'est querellé avec ses sponsors un peu moins de deux ans plus tard. En janvier 2001, il fut assassiné.

Après la chute de Kabila le Père, Joseph Kabila le Fils a pris le relais. Pas pris trop au sérieux lors de son accession au pouvoir, Kabila Junior s'est avéré être un bon joueur politique.

Quand son heure de partir est venue, il a utilisé toutes les astuces pour le retarder de plus de deux ans, comme il continuait à se garnir les poches et celles de sa famille.

Quand il l'eut finalement fait, le monde entier ne savait pas qu'il allait servir la pièce de résistance ultime.

ELECTION

Le successeur de Kabila aux élections de décembre dernier était Emmanuel Ramazani Shadary. Il était si impopulaire que le chef de l’opposition populaire Martin Fayulu, l’avait mis en déroute et aurait remporté 60% des voix.

Mais en Afrique, souvent ni le vote ni le décompte ne comptent. C'est l'annonce qui compte. A l’annonce des résultats, c’est l'actuel président Felix Tshisekedi, qui aurait recueilli environ 20% des suffrages, fut nommé vainqueur.

Presque tout le monde était aveuglé. Dans l'histoire distinguée du trucage électoral africain, aucun dirigeant n'avait jamais volé la victoire de l'opposition — encore moins pour le candidat en troisième position — avec autant d’insolence.

Donc, bien que Fayulu ait gagné, Tshisekedi est celui qui porte la couronne. Comme la coalition du Front commun pour le Congo (FCC) de Kabila est majoritaire au Parlement, Tshisekedi a jusqu’ à présent joué comme une bonne marionnette, se pliant ainsi aux caprices de l’ancien président.

Après avoir prêté serment près de quatre mois et toujours sans gouvernement, Tshisekedi nomma, il y a quelques jours,  un allié de Kabila, le professeur Sylvestre Ilunkamba Ilunga, au poste de Premier ministre.

Au milieu de la semaine, il a été rapporté que le CAp pour le CHangement (CACH) de Tshisekedi, l'alliance politique entre l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) du président et l'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe sont arrivés à un accord pour se partager le butin politique.

FCC occupera 60% des postes au sein du gouvernement, tandis que la coalition CACH de Tshisekedi en occupera 20%.

LE MAÎTRE DE LA MARIONNETTE

En effet, Kabila est toujours en charge. La RDC est donc passée du règne de Kabila le Père à Kabila le Fils et maintenant à Kabila le "saint" Esprit.

Dans tout cela, Kabila a révélé un grand défaut — il peut être un tricheur électoral astucieux et un Diego Maradona politicien, mais c’est un mauvais maître fantoche.

Il aurait refusé de quitter le palais présidentiel, laissant Tshisekedi se débrouiller avec une habitation plus modeste. Il se serait également accroché au jet présidentiel. Tshisekedi joue le jeu parce que, semble-t-il, c'est bon pour lui. Ressemblant à un enfant maltraité et faisant montre d’un comportement plus démocratique que tout autre dirigeant congolais précédent, il projette une figure sympathique.

Avec Joseph qui force trop sa main, Tshisekedi est capable de faire de lui un bouc émissaire, ce qui permettrait à l’animosité contre la Maison Kabila de continuer à s’affermir.

Tous les grands marionnettistes savent que souvent, le meilleur geste consiste à ne montrer ni leurs mains ni leur visage. Kabila semble ne pas avoir appris cette leçon. Au lieu de cela, il devient le bouc émissaire de Tshisekedi.



Charles Onyango-Obbo est l'éditeur du visualiseur de données Africapaedia et Rogue Chiefs. Twitter @ cobbo3

 

 

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