Libye : Une journaliste américaine réussit à filmer une vente aux enchères de migrants

GRAND ANGLE / IMMIGRATION

-« La vente est-elle terminée ? »

-« Oui, c’est fini »-« Combien de personnes ont été vendues ? »

-« Douze »

Cette scène surréaliste a été filmée par une journaliste de CNN non loin de Tripoli, la capitale libyenne, en caméra cachée. Lors d’une vente aux enchères, la nuit, des trafiquants ont proposé des migrants à l’achat, principalement des Africains subsahariens. Les prix avoisinent les 700 dinars libyens pour les hommes (environ 450 euros). Ce tarif se négocie en fonction de la santé et de la corpulence des esclaves.

 

La vidéo de CNN est un témoignage rare d’une odieuse réalité : depuis plusieurs mois, plusieurs migrants ayant contacté la rédaction d’InfoMigrants ont mentionné ces marchés aux esclaves, notamment dans la ville de Sabah, dans le centre du pays.

Aucun d’entre eux n’a pu filmer ces ventes, les téléphones portables étant confisqués par les trafiquants la plupart du temps. Aucun d’entre eux n’a osé prendre le risque, tant les conséquences sont grandes. « Si on nous surprend à filmer, on nous tuera », avait confié à InfoMigrants un migrant soudanais recueilli sur l’Aquarius, le bateau humanitaire en Méditerranée, en mai dernier. L’homme a juré avoir été vendu contre une centaine de dollars par des passeurs en Libye, avant de réussir à s’enfuir. « Un jour, pendant une vente, un homme à côté de moi a été abattu d’une balle dans la tête. L’acheteur voulait tester un revolver qu’il voulait acheter ».

« Ils nous vendent comme si vous alliez au marché acheter des tomates »

Prince*, un migrant camerounais nous avait également envoyé une vidéo expliquant comment des « hommes en uniforme » se livraient à ce trafic d’êtres humains. « Ils nous vendent comme si vous alliez au marché acheter des tomates ». Selon Prince, des ventes aux enchères ont également lieu dans des prisons à Tripoli et à Sabratah.



Une fois vendus, la grande majorité des esclaves travaillent dans des fermes, des champs, sans salaires, ni soins. « Nous vivons à une quarantaine de personnes dans une maison en chantier, à Sabah. Nous travaillons tous pour un Libyen. Il ne nous paye pas, mais il nous donne à manger et il nous loge […] A la fin, beaucoup de migrants décèdent parce que les Libyens ne veulent pas les emmener dans les hôpitaux et dans les centres de soins », explique Prince.

En mai dernier, l’Organisation internationale des migrations (OIM) alertait déjà la communauté internationale sur les marchés aux esclaves en Libye. L’OIM assure que des habitants se livrent également à ce « genre » de commerce. Certains jeunes hommes migrants achetés par des particuliers servent aussi d’ »esclaves domestiques », forcés à faire le ménage et la cuisine. « Si le migrant n’a pas trouvé d’acheteur il est tué », assure encore Florence Kim, porte-parole de l’OIM. Les femmes et les enfants, qui n’échappent pas à ce trafic, servent, eux, d’esclaves sexuels.

Cette semaine, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a vivement dénoncé les conditions de vie des migrants en Libye. « La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye », a-t-il notamment déclaré, le 14 novembre, dans un communiqué.

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La colère de l’Africain Claudy Siar

C’est via des réseaux sociaux que le présentateur sénégalais de « Couleurs tropicales » sur RFI a exprimé sa colère : «  Au nom des jeunes africains vendus comme esclaves en , j’accuse, la , l’ l’, les de complicité de crime contre l’humanité perpétuité par leur allié libyen. Le temps de la révolte a sonné, l’époque de la passivité est terminée ». Appelant les gens à demeurer actifs et vigilants, Claudy Siar annonce une manifestation samedi 18 novembre 2017 devant l’ambassade de Libye à Paris.

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