Moïse Katumbi : « Je demande à Joseph Kabila de démissionner » (Lu pour vous), par Ghalia Kadiri

En exil depuis près d’un an, l’ancien gouverneur de la province du Katanga, en RDC, appelle les Congolais à manifester pacifiquement contre le régime.

Quelques semaines après l’annonce de sa candidature, en mai 2016, il a été condamné à trois ans de prison par la congolaise, qui l’accuse d’être impliqué dans une affaire de spoliation immobilière, le rendant ainsi inéligible. Soupçonné d’avoir recruté des mercenaires américains, il est également poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de la RDC.

Depuis, Moïse Katumbi vit entre et Bruxelles. De passage à le 1er avril à l’occasion des Journée nationales des diasporas africaines (JNDA), où il est venu le retour des diasporas sur le continent, il revient sur son exil forcé et sur ses ambitions politiques, intactes. Entretien.

Vous avez clairement réaffirmé votre volonté de vous à l’élection présidentielle. La condamnation ne rend-elle pas inéligible ?

Moïse Katumbi : Je ne suis pas inéligible. Je suis et je reste candidat à l’élection présidentielle. Cette condamnation est une manipulation du en place. Les dossiers sont mal montés, ils manquent de preuves. Je suis allé la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme [FIDH] afin de cette condamnation injuste. Heureusement, il y a une commission d’ ouverte par la Commission épiscopale nationale du Congo [Cenco, qui a mis un terme à sa médiation fin mars]. Les évêques qui enquêtent sur mon cas sont venus en . J’attends que justice soit rendue.

Lorsque vous avez quitté la RDC, le 20 mai 2016, était-ce pour à cette condamnation ?

Moïse Katumbi : Je suis parti car le gouvernement m’a autorisé à me à l’étranger après mon agression par deux policiers cagoulés. Je n’étais pas au courant de ma condamnation. Ce n’est qu’un mois plus tard, alors que j’étais aux Etats-Unis, que j’ai eu la nouvelle du jugement. Je l’ai appris par hasard en ouvrant le journal Le . J’y ai lu l’interview de la juge Chantale Ramazani Wazur [aujourd’hui réfugiée en ]. Vous voyez, elle-même l’a avoué : elle a été contrainte de me faire à la suite de pressions exercées par le pouvoir. Chez nous, la justice est instrumentalisée par le .

Comment vivez-vous votre exil ?

Moïse Katumbi : Mon pays me manque beaucoup. J’ai besoin de chez moi. Et je suis triste de voir ce qui se passe en ce moment. Mais je ne peux pas y pour l’instant, car je me sens en danger en RDC. En Europe, je suis en sécurité. Et je continue à pour mon pays à d’ici.

Dans une déclaration relayée sur votre compte le 30 mars, vous avez appelé les Congolais à pour la première fois depuis la fin des négociations [un appel renouvelé le dimanche 9 avril]. Pourquoi cette offensive ?

Moïse Katumbi : Avant, nous n’appelions pas les Congolais à manifester, car le président Kabila avait une légitimité. Or il n’a pas appliqué l’accord de la Saint-Sylvestre [l’accord de cogestion du pays jusqu’à l’organisation des élections, signé fin 2016]. Aujourd’hui, il n’a plus de légitimité. Il refuse d’aller aux élections fin 2017 et de le pouvoir. Le sabordage de l’accord risque de notre pays dans le chaos. Joseph Kabila a déjà épuisé ses deux mandats. Il n’est plus le président de la République. Je lui demande de .

Fin 2016, les manifestations avaient entraîné plusieurs morts. Ne craignez-vous pas que la situation dégénère de nouveau ?

Moïse Katumbi : Il s’agit de manifestations pacifiques. Dans notre pays, qui massacre ? qui tue ? Ce n’est pas le peuple, c’est le pouvoir en place. , ce n’est pas ses électeurs. En France, quand vous allez manifester, est-ce qu’on envoie des gens sur les manifestants ? Non. C’est pourquoi j’invite la diaspora congolaise à dans son pays d’origine les leçons de démocratie apprises en France.

Pensez-vous que la diaspora congolaise en France peut la RDC à de la crise ?

Moïse Katumbi : Plus que jamais, la RDC a besoin de sa diaspora. Aujourd’hui, je demande à la communauté congolaise de au pays pour nous aider à le Congo sur les rails. Mais il faut vite.

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