Présidentielle en RDC : Katumbi répond au camp Kabila sur le vote des Congolais en milieu rural, Par Trésor Kibangula

Moise Katumbi et Kikaya Bin Ramazani

Si la coalition au pouvoir en RDC semble reconnaître la défaite de son candidat à Kinshasa lors de la présidentielle du 30 décembre, elle revendique une écrasante victoire de ce dernier dans les milieux ruraux. Ce qui ne serait pas le cas, selon l’opposant Moïse Katumbi, qui soutient le candidat Martin Fayulu.

Pour qui le Congo profond a-t-il vraiment voté ? Au moment où tout le pays attend impatiemment l’annonce des résultats provisoires du scrutin, opposition et majorité revendiquent le triomphe de leur candidat dans les milieux ruraux .

a été le premier à se positionner sur ce terrain. Dans quelques jours avant la tenue de l’élection, , coordonnateur de cette large plateforme électorale qui porte la candidature d’, affirmait déjà que son camp était le seul à « avoir la maîtrise totale des milieux ruraux où se trouvent, selon lui, 80 % de l’électorat national ».

« Nous avons tous les chiffres »

Au lendemain du scrutin, c’est Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du chef de l’État sortant mais surtout l’un des porte-parole du candidat du FCC, qui récidivait lors d’un point de presse à Kinshasa. Contacté par Jeune Afrique, le diplomate a maintenu, le jeudi 3 janvier, la victoire d’Emmanuel Ramazani Shadary dans plusieurs provinces du pays. « Nous avons mis en place notre centre de compilation : nous avons tous les chiffres », a-t-il martelé, dévoilant les grandes lignes du tableau des résultats collectés par le FCC.

Kinshasa avait boudé la phase d’enrôlement des électeurs, selon Kikaya Bin Karubi

À l’en croire donc, partout où l’opposant Martin Fayulu, (Réveille-toi, en lingala), est arrivé en tête (Grand Équateur, Grand Bandundu, Kongo central, Kinshasa), le dauphin de Kabila y « a grignoté des voix ». Et que ce dernier aurait emporté le scrutin dans le Grand Kivu, dans l’ex-Province orientale et le Grand Katanga, selon Kikaya Bin Karubi.

« N’oubliez pas que la ville de Kinshasa [réputée hostile au pouvoir, ndlr] avait boudé la phase d’enrôlement des électeurs, a-t-il poursuivi. La capitale a également enregistré un taux de participation faible [37 %, selon lui, ndlr] le jour du vote alors qu’il y a eu engouement à l’intérieur du pays. » « Notre candidat est également le seul à avoir sillonné l’ensemble des 26 provinces du pays pendant la campagne, en ne s’arrêtant pas seulement dans des grandes villes », a affirmé Kikaya Bin Karubi. Conséquence : « Après sommation, c’est Emmanuel Ramazani Shadary qui l’emporte ! », a-t-il lâché.

Réponse de Moïse Katumbi

« C’est faux ! », réfute Moïse Katumbi, l’un des principaux soutiens, avec Jean-Pierre Bemba, du candidat Martin Fayulu. « Comment le FCC peut-il prétendre gagner le scrutin grâce aux suffrages de l’intérieur du pays alors que le régime en place n’a jamais initié un seul centimètre carré de projet pour les milieux ruraux ? », interroge l’ancien gouverneur du Katanga, joint au téléphone par Jeune Afrique.

« Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et moi-même avons été exclus injustement de cette présidentielle, mais le pouvoir n’a jamais pu exclure le peuple congolais du scrutin. C’est pourquoi nous assistons aujourd’hui à ce vote sanction contre le régime de Kabila dans les grandes villes et les villages. Nous n’accepterons pas la tricherie : doit faire très attention », prévient Moïse Katumbi.

Le jeudi 3 janvier, , grâce aux « données en sa possession, issues des procès-verbaux des bureaux de vote ». « Nous appelons le peuple à être en alerte, car nous savons que le pouvoir est en train de tripatouiller ces résultats pour préparer un passage en force de son candidat », commente Moïse Katumbi, qui dénonce « la poursuite illégale du vote à Kamina et à Kolwezi », dans le sud de la RDC.

En cas de proclamation des résultats qui ne refléteraient pas la vérité des urnes, Katumbi affirme que la coalition Lamuka demandera au peuple de « se prendre en charge ». « C’est un devoir constitutionnel de se lever contre un individu ou un groupe d’individus qui tentent de confisquer le pouvoir par la force », argue-t-il, appelant « les militaires et policiers qui ont également trop souffert du système, selon lui, à être réellement républicains ».

 

 

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