RDC : à l'ONU, Joseph Kabila fait salle vide

Joseph Kabila

Joseph Kabila a prononcé un discours à la tribune de l’ONU ce samedi 23 septembre. La veille, il s’est entretenu rapidement avec Charles Michel, Alpha Condé et diverses personnalités. Compte rendu.

Le chef de l’Etat RD congolais a prononcé ce matin vers 9h00, heure locale, à New York, un discours à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU. A cette occasion, Joseph Kabila n’a fait aucune annonce, ni sur la date des élections, ni sur sa non-participation au scrutin. Joseph Kabila s’est, en revanche, montré plus empressé quand il s’est agi de dire à l’adresse de la Monusco qu’elle ne saurait, selon lui, rester indéfiniment dans « son » pays. Au final, ce fut « un discours vide devant une salle vide », selon la formule de Christophe Rigaud du site d’information Afrikarabia. Sur les clichés diffusés sur les réseaux sociaux, on pouvait voir en effet le président congolais discourir devant une assemblée aux rangs plus que clairsemés…

La veille, Joseph Kabila a rencontré le Premier ministre belge. Un rdv pris à la demande du président congolais qui a dû se déplacer jusqu’à l’hôtel de la délégation belge. Et au pas de charge. En effet, ce rendez-vous devait avoir lieu une heure avant le départ de New York du Premier ministre belge. Joseph Kabila étant arrivé avec une demi-heure de retard, l’entrevue aura duré moins de 30 minutes. Au final, les deux hommes ont campé sur leur position. Charles Michel a rappelé la position de la Belgique (d’ailleurs retranscrite dans le communiqué publié suite à la réunion sur la RDC en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le 19 septembre dernier), à savoir le respect total de l’accord de la Saint-Sylvestre et de la résolution 2348. En clair, pas de référendum, pas de troisième mandat pour Joseph Kabila et des élections avant fin 2017. Soit la même position que celle exprimée par Didier Reynders et Alexander de Croo, deux hommes que la délégation congolaise à chercher à tout prix à éviter. Le chef de l’Etat congolais s’est contenté de rappeler que le processus électoral était irréversible et que la situation sécuritaire était sous contrôle. « Des propos vagues et généraux, comme toujours », a commenté en off un haut diplomate belge.Joseph Kabila a également profité de son déplacement new yorkais pour rencontrer Alpha Condé, le chef de l’Etat guinéen, actuel président de l’Union Africaine. Ce dernier étant lui aussi sur le départ, la rencontre a été brève (à peine 30 minutes). Peu d’informations ont encore filtré de ce rendez-vous. L’on sait simplement que Condé avait un message à délivrer à Kabila de la part de ses pairs africains. Celui-ci portait sur… les garanties qu’ils seraient prêts à accorder au président congolais, à sa famille et à ses biens. Manifestement, l’UA, elle aussi, est prête à tourner la page des années Kabila.

Enfin, Joseph Kabila a rencontré d’autres personnalités comme Fatou Bensouda, la procureur de la CPI, ainsi que d’anciens haut-responsables du département d’Etat américain (avec lesquels il a proposé de contracter sur divers projets dans son pays, mais sans succès). Enfin, il a rencontré, à l’instar de tous les chefs d’Etat présents à New York, Antonio Guterres, durant quinze minutes – photo comprise – à l’issue du prononcé de son discours. Le secrétaire général des Nations Unies, lui aussi, n’a fait que lui rappeler le contenu du communiqué publié par ses services suite à la réunion sur la RDC du 19 septembre dernier (lire à ce sujet notre article : « RDC : satisfecit pour l’opposition à l’ONU »).

« Kabila a été accueilli à New York comme un homme du passé », observe un dirigeant d’un pays d’Afrique de l’Ouest présent à New York. Il a aussi été accueilli par un concert de sifflets. Celui de centaines de Congolais de la diaspora (des Etats-Unis, du Canada et d’Europe) qui l’ont appelé à quitter, sans plus tarder, le pouvoir.

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