[Les grands noms de l’Église africaine] : Le cardinal Laurent Monsengwo Pansiya

Le cardinal Laurent Monsengwo Pansiya

Le cardinal Laurent Monsengwo Pansiya, archevêque émérite de Kinshasa, fêtera ses 80 ans, lundi 7 octobre.

L’occasion, pour La Croix Arica, d’évoquer cette figure l’Église de RD-Congo qui aura pesé de tout son poids dans le processus ayant abouti l’alternance démocratique dans son pays.

On se souvient encore du discours virulent du cardinal Laurent Monsengwo Pansiya le 2 janvier 2018, deux jours après que le régime de Joseph Kabila avait durement réprimé une manifestation de catholiques, faisant au moins cinq morts. « Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD-Congo » avait tonné le désormais archevêque émérite de Kinshasa, marquant ainsi le début du combat acharné de l’Église de RD-Congo contre un troisième mandat de Joseph Kabila. Un combat dont elle est sortie vainqueur puisqu’il y a eu une alternance politique de fait.

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Plusieurs fois, I ‘engagement du patriarche sous les régimes des présidents anciens Mobutu Sese Seko, Laurent Désiré Kabila puis Joseph Kabila, l’a mis au-devant de la scène politique. Ainsi en 2002, des rumeurs persistantes l’annonçaient comme candidat l’élection présidentielle. En novembre 2017, le mouvement citoyen « Paix et Solidarité » organise une simulation de scrutin présidentiel intitulé « vote citoyen » et qui désignera le cardinal Monsengwo comme la personnalité la plus apte conduire une transition politique alors que le pays traversait une grave crise sociopolitique.

Fin 2018 encore, d’insistantes rumeurs l’annonçaient candidat l’élection, tandis qu’un collectif se formait pour l’encourager briguer un mandat présidentiel. « Le cardinal Monsengwo n’est pas candidat ni la présidence de la République, ni au poste d’administrateur d’une éventuelle transition », avait alors tranché le diocèse de Kinshasa qu’il dirigeait encore alors.

En 2018, il est désigné par l’hebdomadaire Jeune Afrique comme quatrième personnalité la plus influente du continent africain.

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Premier Africain docteur en Écriture Sainte ä l’institut biblique pontifical de Rome

Pourtant, s’il est aujourd’hui connu pour son poids politique, le cardinal Monsengwo est d’abord un théologien bibliste. Il est même le premier Africain avoir obtenu le doctorat en Écriture Sainte L’institut biblique pontifical de Rome. Professeur de théologie l’actuelle Université catholique du Congo et dans les séminaires, il a aussi été secrétaire général de la Conférence épiscopale du Zaïre (actuelle RD-Congo) entre 1 976 198 avant d’être nommé par le pape Jean-Paul II évêque auxiliaire d’lnongo (ouest) puis de Kisangani (nord) en 1981 dont il devient archevêque en 1988.

Président de la Conférence nationale souveraine

À ce poste, il est l’une des rares voix à dénoncer les violations des droits de l’homme sous le régime dictatorial de Mobutu Sese Seko. En 1991, il dirige la Conférence nationale souveraine (CNS) dont le but était d’organiser de larges consultations populaires face la crise que traversait alors le Zaïre. En 1992, cette instance qu’il continue de diriger devient le Haut conseil de la République (HCA), puis le Haut conseil de la République-Parlement de transition (HCR-PT). Mais il est contraint de démissionner en 1996, menacé de mort.

 

Avec le successeur de Mobutu, Laurent Désiré Kabila, les relations ne sont pas des meilleures. Il se voit même plusieurs fois confisquer son passeport.

Président du Sceam

De 1 997 200, Mgr Monsengwo dirige le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique de Madagascar (Sceam). Il est aussi président de Pax Christi international en 2002, puis de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) en 2004. Il est transféré Kinshasa comme archevêque en 2007 et créé cardinal par Benoit XVI en 2010. Il devient le troisième cardinal congolais après le cardinal Joseph Malula et le cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi.

À ce titre, il participe au conclave qui a abouti I ‘élection du pape François en 2013. En avril de la même année, il fait partie du Conseil des neuf cardinaux chargés d’aider le pape dans le gouvernement de l’Église universelle.

En 2018, il a 79 ans quand le pape François accepte sa démission du siège épiscopal de Kinshasa. Il y est remplacé par Mgr Fridolin Ambongo qui sera créé cardinal par le pape François au consistoire du 5 octobre.

Lucie Sarr

 

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