RD CONGO — La dernière lettre de Patrice Lumumba à sa femme

Patrice Lumumba

Au vu du désordre et l'opportunisme politique criants qui ont marqué le début de négociation politique à Kinshasa, dévoilant une course non seulement effrénée et mais éhontée de positionnement individuel au détriment d'une nation Congolaise qui court un danger imminent et réel, le démarrage rocambolesque nous a donné raison.

Est-ce que le but était de projeter le désordre à la face du monde pour donner raison à Joseph Kabila ? A l'heure de medias sociaux, les linges salles ne se lavent plus en famille, mais plutôt sur les murs de Facebook et l'internet en général.

Comment est-ce que un septuagénaire,  qui a laissé une dictature dynastique dans son propre pays, va-il maitriser ces politiciens assoiffés de postes politiques et nous amener à  la démocratie ? Va-t-il terminer ce palabre dans une semaine, deux semaines, six mois ou deux ans et donner le temps à Joseph Kabila de terminer son plan du démembrement de la RD Congo? Quel en sont les critères de réussite eu égards a l'aspiration du peuple de ne pas donner une minute de plus à Joseph Kabila au 20 Décembre 2016 ?

La partie Est de la RD Congo saigne à blanc. Elle est volontairement miné du Haut Uélé au Nord du Katanga,  Aussitôt que la mèche sera allumée, la déflagration détachera cette partie pour la coller au Rwanda et l'Ouganda.

A titre de consolation et d'inspiration, nous livrons l'intégralité de la dernière lettre de Patrice Lumumba - un vrai de vrais héros - pour que vous voyiez sa vraie grandeur comparativement aux petits politiciens qui se sont amalgames autour d'Edem Kodjo.

Nous sommes  à la croisée de chemins, que le(s) vrai(s) héros se présentent. En attendant, voici en touteson  intégralité, la lettre de Patrice Emery Lumumba à sa femme.

LA REDACTION, CONGOVOX.COM

 

Ma compagne chérie,

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.
Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba

 

 

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